Disparition soudaine à 55 ans de Nicolas Potel, pionnier du «micronégoce» en Bourgogne.
- Hubert Talpain

- Jul 9
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Incarnation du négoce de qualité en Bourgogne, Nicolas Potel est décédé à l’âge de 55 ans. Les premières pistes de l’enquête évoquent un suicide.
Le monde du vin est en deuil. Le négociant et vigneron bourguignon Nicolas Potel est mort vendredi 27 juin. Âgé de 55 ans, il se serait suicidé à bord de son véhicule, selon les premiers éléments de l’enquête révélés par Le Bien Public, qui précise qu’une fourgonnette a été retrouvée au pied d’une falaise du secteur de Saint-Romain, en Côte-d’Or. La disparition de Nicolas Potel avait été signalée par un proche, ajoute le journal local.
Fils de vigneron – il avait cédé le domaine familial de Volnay en 1997 suite à la mort prématurée de son père Gérard –, Nicolas Potel s’était lancé dans une activité de négociant à Nuits-Saint-Georges. Au mitan des années 2000, il est de retour à Volnay avec un nouveau domaine en propre, doublé d’une nouvelle activité de négoce à Savigny-lès-Beaune. «Même s’il y en a de plus en plus maintenant, il incarnait une forme d’avant-garde à cette époque en Bourgogne , avec ce que j’appelle le micronégoce», décrypte Laurent Delaunay, président du Bureau Interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). À une époque où le foncier est désormais inabordable pour beaucoup de vignerons, Nicolas Potel s’était ainsi montré visionnaire pour faire exprimer ses talents de vinificateur sans pour autant détenir des terres en propre. « Sa réputation est montée très rapidement», se souvient Laurent Delaunay.
«Stupéfaction et tristesse»
Le décès brutal de Nicolas Potel a fait passer une onde de choc à travers toute la Bourgogne viticole. «C’est avec stupéfaction et une grande tristesse que j’ai appris la brusque disparition de Nicolas Potel», écrit sur sa page Facebook Denis Thomas, vice-président du Conseil départemental de la Côte-d’Or en charge de la viticulture, estimant que « son vaste réseau de contacts lui avait alors permis de tisser des relations avec des vignerons lui assurant un approvisionnement en raisins issus de vieilles vignes sur de belles parcelles produisant des appellations régionales jusqu’aux grands crus».
Ella Lister, directrice déléguée et dégustatrice au Figaro Vin, se souvient d’un homme « charismatique», toujours accueillant et chaleureux. Salué unanimement pour la qualité de ses vins, dont la renommée est aujourd’hui mondiale, il incarnait avec brio le terroir de Volnay.




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